J’écris en cet instant à côté d’un chantier. Tout ce qu’il y a de chantier dans l’écriture. De chantier et de gravats. Pour faire face, pour fuir, pour écrire, il faut s’enterrer dans une bulle. Mais que devient cette bulle lorsqu’elle éclate silencieusement ? L’explosion est toujours en filigrane de l’écriture.
L’image met en abyme la littérature, celle qui se contente de la voix, de ses flottaisons, celle qui refuse toute permanence, lorsqu’elle ne recherche que le renouvellement de sa disparition. (Au sujet d’une scène de La Notte d’Antonioni : Valentina supprime ses quelques paroles enregistrées dans un magnétophone, après que « l’écrivain » veut les entendre à nouveau. Le destin de la modernité se trouve dans cet effritement de la reproductibilité technique. L’effacement comme une poétique de la réminiscence. — « Je ne veux pas de sons inutiles, je veux les choisir. Des Voix et des mots… il y a tant de mots que je préférerais ne pas entendre… mais, il faut se résigner, comme on flotte sur les vagues de la mer. »)
Je lisais, il y a quelques jours, que Sebald était allergique à l’alcool (dans Les Anneaux de Saturne). Alors, Sebald, Lowry, Sebald, Lowry. Je ne sais pas. Titube. Mais on ne parle pas d’alcool, ici, mais d’errance.