Mais il ne reste que moi, et j’y demeure enfermé. Le petit tapis roulant de la caisse de la grande surface emporte mes rêves de Byzance, et, au loin, au coin d’un soupir, c’est la nébuleuse d’Orion qui se penche sur ma faim. Des langoustes plus grandes que l’hiver dansent un tango lent entre mes pas — une langouste, c’est une mangouste qui trébuche en attendant le premier métro, un matin d’hiver, dans une station vide et vide de sens. Je n’aime pas beaucoup les animaux, ils me rappellent trop souvent ce que nous ne sommes pas. Je regarde les carottes dans leur sac plastique qu’un caissier ennuyé me tend comme si c’était une convocation de police. Des crucifix sous cellophane. Extase au rabais. J’habite le dernier terrier avant l’extinction.