Joyce ? Joie d’avoir l’impression d’être enfoncé dans une ivresse sans fond, de devoir éternellement descendre une même pinte dans laquelle semble flotter une sensation plus noire que le langage, un mélange de bière, de pétrole et de dictionnaires hachés menu. Un tonneau des Danaïdes à la façon d’une rixe irlandaise qui se tiendrait au bout de la langue, de la langue ou de l’œil, mauvais œil toujours. Détester aimer ça, ou l’inverse, et observer de loin, avec l’ironie qui flotte dans toute incantation, un monde hésiter entre réchauffement climatique et hiver nucléaire, pour finir sans doute par renoncer au choix et se gaver de deux destinées à la fois. Conjurer l’absence de sens par le sens des armes. Et ne plus savoir, ne plus rien savoir si ce n’est que tout modernisme demeure un état avancé d’ébriété. Un chemin de ronde au-dessus du vide, où quelques fantômes attendent la fin, et la fin de leurs hantements, avec gourmandise.