— Je mange des mûres sous un ciel de la même couleur. Rien n’y brille. Qu’est-ce qui nous distingue ? Ils ont aligné des étrangers le long des murs. — Je sors une arme, tire sur un nuage. J’essaie de tuer l’ennui. Rien n’y fait. Rien ne tombe. — Des martinets, des éclairs, de l’indifférence. — J’avale la foudre avant la couleuvre, la couleuvre avant le crépuscule. — Des nappes de sang à la verticale des villes. — Mélancolie de la critique de la critique critique. — Un supermarché. Des cadavres. Tout se faufile dans le loin. — Ils étaient beaux comme le désespoir. Que pouvaient-ils encore espérer ? — Des rues qui s’engouffrent dans des rues. Des passants affairés. Tous les arbres semblent morts. — J’aimerais être une ressource humaine soluble dans l’eau. — Je préfère à toute consommation la consumation de mon être. — Je marcherai à vos côtés, disait-il, jusqu’au néant, mais je ne ferai pas un pas de plus. — Le néant a-t-il réellement meilleur goût sous le soleil des déserts ? — Je deale du Weltschmerz dans des ruelles impossibles. Tout est en solde. — Le marché a vaincu le ciel. On confond à présent dans un ciel des commerces les bombes et les étoiles qui chutent. — Des astres, désastre, des armes, désarme. — On danse de la mort des autres. — L’oubli du chiffre et de son infini : la portée des missiles trace des cercles de mort sur le territoire. — La mort ressemble à un cercle qui s’oublie. — Nul centre à la mort.