Quelques morceaux de Pizarnik à ne pas oublier, et quatre vers de Tsvetaeva, pour supporter la rue, la vie, le vide, la ville.
Elles sont mortes les formes épouvantées et il n’y a plus eu ni dehors ni dedans. Nul n’écoutait le lieu parce que le lieu n’existait pas. Dans l’intention d’écouter ils sont là à écouter le lieu. À l’intérieur de ton masque fulgure la nuit. On te transperce de croassements. On te martèle d’oiseaux noirs. Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.
— Contemplation
Le vent meurt dans ma blessure.
La nuit mendie mon sang.— Rien
J’écoute le bruit de l’eau qui tombe dans mon sommeil. Les mots tombent comme l’eau moi je tombe. Je dessine dans mes yeux la forme de mes yeux, je nage dans mes eaux, je me dis mes silences. Toute la nuit j’attends que mon langage parvienne à me configurer. Et je pense au vent qui vient à moi, qui demeure en moi. Toute la nuit, j’ai marché sous la pluie inconnue. On m’a donné un silence plein de formes et de visions (dis-tu). Et tu cours désolée comme l’unique oiseau dans le vent.
— L’Obscurité des eaux
Et lui, dans ces vagues creuses
De ténèbres il penche, pareil,
Sans laisser de traces, en silence —
Comme coule un bateau.— Poème de la fin