comme la nuit qui nous survit. comme l’informe des roches qui remontent des volcans. comme les coulures d’un ciel qui se maintient dans la croûte que laisse la ceinture après la dose après la seringue après l’extase après la chute. comme la synthèse végétale qui se commerce jusque dans l’intérieur des corps. comme l’obscurité que l’on jette en pâture dans l’intérieur des corps. comme l’algue qui s’accroche au moteur d’une vedette clandestine. comme l’anonymat du cellophane qui entoure la brume qu’un fin bateau abandonna sur la grève. comme ce seuil d’absolu que nous cessons de franchir. comme ces ordures que nous dévorons à même la nuée. comme des ombres qui traversent un espace se rétrécissant à l’approche des bleuités d’empire. comme les sirènes qui se noient dans nos paroles liquides. comme ce qui se cache sous les fissures de l’asphalte notre peau. comme une terre qui n’appartient plus à la terre. comme un passeport que l’on brûle dans un appartement vide avant que l’huissier n’imagine en saisir l’identité. comme ce qui se tient entre notre sang et nos larmes. comme le silence qui précède et qui poursuit le coup de fusil qu’un paysan seul dans sa grange offre à la lande. comme une grange qui sombre dans le mépris des villes. comme les bêtes que le paysan abattit avant de s’abattre dans le néant. comme ce qui vacille entre le vent et la poussière. comme une délocalisation advenue sous la pluie de novembre. comme les ouvriers qu’un ministre abandonna à l’automne. comme ce qui se creuse dans toute solitude. comme cet instant où le météore se pare d’inexistence. comme ce qui tiraille les mauvaises chairs d’industrie. comme les gouffres qui s’ouvrent après les morsures du fantôme. comme le fantôme qui dévore le fantôme à soi. comme la solitude du fantôme à soi. comme la trace que laisse l’absence. comme l’absence que l’on recommence à se mettre dans la veine. comme la veine dernière qui nous revient.