Découvert entre deux portes, deux rues, deux ciels, un texte écrit au bas d’un mur, dans un allemand de l’est de l’est, urine sèche et mauvaise herbe :
« Si vous êtes de droite, je suis de gauche / Si vous êtes de gauche, je suis d’ailleurs / Si vous êtes du centre, je vous ramène à votre lâcheté / Si vous êtes anarchiste, je vous place parmi les nuages. »
Comment imaginer que nos champs calcinés chanteront à nouveau le renouveau sans la race la personne sans l’identité pour réentendre tourner les tournesols sentir leur enroulement lent autour de l’astre celui qui se cache derrière les chambres froides l’opacité des parlements la violence légitime et ses polices mais tout retombe comme un linceul et tout se tait autour de nous tout se vide de nous et du monde mais nous demeurons là plantés dans le silence pour résister à son règne seul et ce corbeau seul qui se tient encore face à nous avec son œil unique avec ses ailes qui s’accrochent au dernier tilleul d’une ville vidée par ordonnance ministérielle avec son aurore de suie pour toute couverture à tirer sur ses parallèles d’éther seul l’oiseau nous apprend encore à fissurer le silence à rejoindre les clartés minuscules qui s’y tissent et qui nous aveuglent auxquelles toujours nous nous refusons mais qui nous aveuglent malgré tous nos refus de nous entrelacer à ce mouvement lent des cercles que nous parcourons.
Neige : n’ai-je pas traversé l’averse avant que tout ne fonde, que l’immonde ne s’y déverse ?
Nous sommes toujours anciens à notre passé.
Malgré les silences. Aller à travers. Les silences. La gare. Le bruit des trains. Leurs hurlements. Leurs silences leurs. Uniques. Qui se propagent en nous par vagues. Et la fumée qui s’élève. Indécise mais qui s’élève en nous. Aller à la fumée qui s’élève à rebours de nous.
« C’est une histoire d’immolation et de nourriture pour poisson. »