Enrouler l’infini dans du fil barbelé.
Nous louons le monde sans le louer, nous ne savons plus habiter son espace, nous nous contentons d’en tirer un loyer, jusqu’à la ruine de tout ce qui est.
Je suis une incarnation de la pluie, me dit-il, mais de quelle pluie parles-tu, lui répondis-je, des averses tristes de nos villes, de la bruine qui couvre la campagne de sa mélancolie, des moussons aussi opaques que le rêve que nous apposions autrefois sur leur monde, et, sans hésiter, dans un murmure, il avoua qu’il était la chair d’une autre pluie, qu’il était la pluie invisible des bords de son océan natal, celle qui confond le ciel et la mer, celle qui efface toute idée de chute.
Un deal contre l’éveil, l’illicite à la place de l’artère. Tout circule si loin au-dedans des corps. L’Afghanistan dans un sachet de plastique. La mort du très loin dans le dedans de la veine.
Une personne qui tient dans ses mains un sachet de drogue ne peut pas être pleinement marxiste, ou lui faut-il abandonner toute éthique dans le déni des flux cahoteux de la marchandise.
Sang. Crache sang. Pique. Sang. Moins. L’éveil. Courtoisie des parallèles. Nuit. Quel reste de nuit ? N’advienne l’abstrait, s’échange, se multiplie les perspectives d’abstraction. Veineux et réel et résine, s’écharpe, et s’échappe l’abstrait. Des armes, des armes, crie-t-il, la seringue ou le crucifix.